Case management : le travail est aussi une thérapie

Victime d’un arrêt cardiaque lors d’une séance de sport à son club de gymnastique, Monsieur A. M.*, 58 ans, a dû être réanimé pendant 25 longues minutes. Il a survécu, grâce à la réaction rapide de quelques membres du club qui ont pratiqué un massage cardiaque. Mais l’incident a été lourd de conséquences.

Après 10 jours de coma aux soins intensifs, A. M. a suivi une phase de revalidation de quatre semaines. Après une absence totale de trois mois, il a pu reprendre le travail à temps plein et sans restriction. Mais trois mois plus tard, il a été frappé par une nouvelle incapacité de travail à 100%, la charge psychique se révélant trop lourde. A. M. n’avait jamais réellement surmonté son traumatisme. De plus, son entreprise était en pleine restructuration, avec ce que cela suppose de stress supplémentaire.

Le case management pour un encadrement actif

En tant que case manager, je me suis occupée d’A. M. après son arrêt cardiaque. Un entretien avec son épouse m’a appris que depuis l’incident, son mari souffrait de certaines déficiences, telles que des pertes de mémoire, parfois même complètes, et des troubles de la concentration. A. M. ne parvenait par exemple plus à se rappeler certains souvenirs communs.

En concertation avec l’employeur et le médecin traitant, j’ai analysé les possibilités de poursuite d’activité qui s’offraient à A. M. Si de nombreux collaborateurs ont perdu leur emploi suite à la restructuration, la personne assurée a pu trouver une nouvelle occupation, non sans devoir accepter une perte de salaire. Cela étant, l’employeur a garanti à A. M. qu’il pourrait conserver cet emploi de chauffeur jusqu’à l’âge normal de la retraite.

Bilan positif

En raison de son invalidité, j’ai complété une demande de prestations AI avec A. M. Avec l’AI, nous avons envisagé l’option d’un reclassement externe afin de compenser la perte de salaire. Toutefois, A. M. s’est attaché à son nouvel emploi de chauffeur, si bien que la piste du reclassement a été abandonnée. De son côté, l’AI a aussi examiné la possibilité d’une rente économique, qu’elle a écartée au final.

Compte tenu du caractère critique de la situation et de la lourdeur de ses conséquences, on ne peut tirer qu’un bilan positif de cette affaire, même si d’un point de vue professionnel, un emploi de chauffeur offre bien sûr beaucoup moins de responsabilités qu’un poste de directeur. Bien entendu, il y a aussi la question de la perte de salaire. Cette perte est néanmoins compensée par la garantie d’un emploi relativement stable, qui convient parfaitement à l’assuré, âgé de 58 ans, compte tenu de ses troubles cognitifs et de sa résistance réduite au stress. Toutes les parties impliquées ont par ailleurs bien compris que la santé était le bien le plus précieux et bien plus importante que toute considération matérielle.

Mettre l’accent sur la réinsertion professionnelle

Mes longues années d’expérience me permettent de résumer comme suit les principaux avantages du case management:

  • le soutien et l’accompagnement orientés ressources et solutions assurés sur place contribuent à une guérison rapide et aussi complète que possible ainsi qu’à la réinsertion professionnelle;
  • le case manager collabore activement et personnellement avec la personne concernée et assure la coordination avec l’employeur, les médecins traitants et les thérapeutes ainsi qu’avec toutes les assurances et autres acteurs impliqués;
  • le case manager est soumis au secret professionnel et aux règles en matière de protection des données.

Je me tiens bien entendu à votre entière disposition si vous vous vous intéressez à cette matière ou si avez la moindre question.

* Le nom est connu de l’auteure.