Une femme couchée dans un hamac lit un livre. Image symbolisant le guide sur le thème des nuisances sonores.

Nuisances sonores causées par les voisins

Exemples et bases légales en cas de nuisances sonores

Qu’il s’agisse de musique à volume élevé, d’aboiements de chiens incessants ou de travaux de bricolage bruyants, les nuisances sonores peuvent considérablement perturber la cohabitation dans un immeuble et sont une cause fréquente de conflits de voisinage. Découvrez quelles lois s’appliquent, comment réagir face à des voisines et voisins bruyants et quels sont vos droits et vos obligations de locataire.

  • Temps de lecture: 8 minutes
  • Dernière mise à jour: mai 2026
  • 94

Nuisances sonores causées par des voisins: bases légales

En Suisse, les nuisances sonores ne sont pas définies par un niveau fixe de décibels, car la perception subjective du bruit peut fortement varier selon les personnes. Le droit du bail exige cependant que les locataires d’un immeuble fassent preuve d’égards mutuels (art. 257f, al. 2, CO). Cela signifie qu’ils doivent si possible éviter les bruits dérangeants, en particulier pendant les heures de repos légales ou contractuelles. Les heures de repos se situent généralement entre 22 h et 6 h ou 7 h, selon la réglementation cantonale ou communale applicable. Pendant ces heures, toutes les sources de bruit évitables doivent être réduites au minimum.

Nuisances sonores causées par des voisins en journée: vos droits de locataire

De jour, un certain niveau sonore est admis, car les activités ménagères ordinaires font inévitablement du bruit. Toutefois, l’obligation d’avoir des égards pour autrui conformément à l’art. 257f CO s’applique aussi de jour. Cela signifie qu’en journée également, les bruits excessifs et évitables, tels que de la musique à volume élevé ou de gros travaux de bricolage pendant plusieurs heures consécutives, ne sont pas tolérables. De nombreux contrats de bail ou règlements de maison fixent précisément les heures de repos à respecter dans l’immeuble d’habitation concerné, par exemple entre 12 h et 14 h (repos de midi) ainsi qu’à partir de 20 h (repos nocturne, qui peut varier selon les régions).

Si le bruit dépasse le niveau tolérable, vous pouvez en aviser votre régie immobilière et faire valoir un défaut de l’objet loué. Votre avis de défaut doit être suffisamment détaillé. Vous pouvez l’envoyer par courrier électronique, mais si la régie ne réagit pas, envoyez-le de nouveau par courrier recommandé.

Assurance de protection juridique privée

Litiges au travail, stress avec la voisine ou autre sujet juridique - l'assurance de protection juridique privée de Protekta vous aide à faire valoir vos droits et vous soutient activement dans votre démarche.

Exemples de nuisances sonores causées par des voisins

Les nuisances sonores causées par des voisines ou voisins peuvent considérablement perturber la vie quotidienne et entraîner des conflits. Nombre de bruits sont certes inévitables, mais il existe des situations dans lesquelles ils dépassent les limites du tolérable et deviennent des nuisances. Les exemples ci-après montrent quand divers types de bruits doivent être tolérés et quand ils ne doivent pas l’être.

Nous attirons votre attention sur le fait que ces exemples sont des généralisations. Dans la pratique, ce sont toujours les circonstances de chaque cas particulier qui sont déterminantes et qu’il y a donc lieu d’examiner, au besoin. Dans les relations de bail, lorsqu’il existe des dispositions contractuelles réglant ces questions, ces dispositions priment. Les heures de repos peuvent en outre varier selon les endroits. Seule une procédure judiciaire peut donc offrir une sécurité juridique absolue dans un cas particulier.

Durant la journée, il est permis d’écouter de la musique à un volume relativement élevé, pour autant que cela ne dérange pas les autres de manière intolérable. Cela devient toutefois problématique lorsque la musique est très forte pendant longtemps, avec par exemple des hauts-parleurs poussés à fond pendant des fêtes. Le cas échéant, il y a lieu de chercher le dialogue direct avant d’éventuellement aviser la régie immobilière. Si toutefois les troubles de la tranquillité sont graves et excessifs (p. ex. lors de fêtes très bruyantes se prolongeant tard dans la nuit), il convient d’appeler la police.

Les pas lourds et les bruits qui en résultent peuvent être très gênants, surtout dans les maisons avec une mauvaise isolation phonique, où ces bruits sont généralement inévitables en raison même de cette mauvaise isolation. Ici aussi, il convient de commencer par attirer courtoisement l’attention du voisin sur la situation. Parfois, de petits changements, comme le port de pantoufles ou la pose de tapis, peuvent déjà apporter une amélioration (mais les voisins ne peuvent pas y être contraints). En l’absence d’amélioration, vous pouvez informer votre bailleur (avis de défaut).

En Suisse, les bruits d’enfants sont considérés comme une composante normale de la vie quotidienne et bénéficient donc d’une protection particulière. Les enfants ont le droit de jouer, de bouger et de faire parfois du bruit, car c’est ainsi qu’ils se développent sainement.

Des règles plus strictes s’appliquent toutefois les dimanches et pendant les heures de repos ordinaires. Il convient alors de s’abstenir de toute activité particulièrement bruyante évitable. À cet égard, les cris d’un enfant en bas âge qui pleure sans cesse la nuit et ne peut pas être calmé ne constituent pas des nuisances sonores évitables et doivent donc être tolérés par le voisinage.

Les bruits sexuels sont considérés par la loi comme relevant d’un comportement privé et doivent être tolérés tant qu’ils restent dans les limites de l’acceptable. Toutefois, si leur volume et leur fréquence deviennent des nuisances intolérables pour les autres locataires, il peut être utile de le faire courtoisement remarquer aux personnes concernées (personnellement ou par écrit). En l’absence d’amélioration, il convient d’informer le bailleur (avis de défaut).

Si les disputes dépassent ce qui peut être considéré comme normal et troublent les heures de repos de manière répétée, il y a troubles de la tranquillité. Le cas échéant, il convient de commencer par chercher le dialogue, pour autant que cela ne présente aucun risque. Il est sinon possible de directement informer le bailleur de la situation. En cas de comportement agressif ou de danger potentiel, il y a lieu d’appeler la police.

La loi ne définit pas de valeurs limites claires en matière de bruits de chiens. Afin de rendre sa décision, le juge peut toutefois se référer à l’ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) et aux lois cantonales sur les chiens. Il vérifie également si la ou le propriétaire de l’animal a pris des mesures pour réduire le bruit.

De nombreux règlements de maison prévoient des dispositions spéciales interdisant les activités bruyantes, telles que passer l’aspirateur, pendant les heures de repos. Veillez donc à respecter ces règles. Elles ont pour objectif de permettre d’utiliser régulièrement des appareils ménagers, sans pour autant déranger indûment le voisinage.

En l’absence de dispositions contractuelles réglant cette question, nous vous recommandons d’éviter de passer l’aspirateur:

  • entre environ 20 h et 7 h,

  • entre 12 h et 13 h,

  • les dimanches et les jours fériés (de manière prolongée).

L’utilisation d’un lave-linge et d’un sèche-linge dans un logement est largement autorisée pendant la journée (sauf dispositions contractuelles contraires), mais il y a là aussi des limites à ne pas dépasser. Idéalement, ils ne devraient pas être utilisés pendant les heures de repos (la nuit ou à midi), à moins qu’il ne s’agisse d’appareils particulièrement silencieux.

Il peut en outre être utile de demander aux autres locataires s’ils entendent ou non vos appareils. Vous pourrez ainsi mieux évaluer les moments où vous devriez vous abstenir de vous en servir, en particulier la nuit.

Les travaux de bricolage nécessitant de se servir d’une perceuse ou d’un marteau génèrent inévitablement du bruit. Ce genre de travaux bruyants ne doivent en aucun cas être exécutés pendant les heures de repos en vigueur localement. De plus, pour éviter les conflits, il est recommandé de préalablement informer le voisinage de leur réalisation.

Voisins bruyants: que peut-on faire?

Si votre tranquillité est troublée par une voisine ou un voisin bruyant, vous avez plusieurs possibilités de vous protéger. Le but doit toujours être de trouver une solution amiable avant d’entamer des démarches juridiques.

La première étape consiste donc à discuter directement et courtoisement avec la voisine ou le voisin en question. Il arrive en effet souvent que la personne bruyante n’ait même pas conscience du caractère dérangeant de son comportement.

S’il n’y a pas d’amélioration, il est utile de documenter précisément la situation. Un journal des nuisances sonores, dans lequel noter les bruits qui vous importunent ainsi que la date et l’heure à laquelle ils se produisent, est un important moyen de preuve si vous décidez de faire intervenir le bailleur ou – dans des cas exceptionnels – les autorités. Des enregistrements des bruits (et non de conversations intelligibles!) ainsi que d’éventuelles mesures du niveau de décibels sont également très utiles. Lors de la réalisation d’enregistrements audio, il faut veiller à ce qu’ils n’incluent pas de conversations compréhensibles. Enregistrer une conversation à l’insu des personnes qui la tiennent ou sans leur autorisation constitue en effet une infraction pénale (cf. art. 179bis du code pénal suisse [CP]).

L’étape suivante consiste à informer le bailleur par écrit (modèle de lettre à télécharger ci-dessous). Celui-ci a en effet l’obligation de veiller à ce que l’ensemble des locataires puissent faire usage de la chose louée sans perturbations. Une lettre de réclamation formelle décrivant précisément la situation, accompagnée d’un journal des nuisances sonores, suffit souvent à produire l’effet escompté.

Si toutefois le bailleur ne fait rien ou s’il intervient, mais que les nuisances sonores ne diminuent pas, vous pouvez vous adresser à l’autorité de conciliation compétente.

En cas de troubles graves et intolérables de la tranquillité, en particulier la nuit, vous pouvez aussi appeler la police, qui adressera en règle générale un avertissement aux personnes concernées. En cas d’infractions répétées, elle peut également infliger des amendes. Important: la police n’intervient généralement qu’en cas de troubles importants et démontrables des heures de repos.

De manière générale, il faut savoir ce qui suit:

  • Si vous faites valoir du bruit en tant que défaut de la chose louée, vous devez être en mesure de prouver vos allégations. Les régies immobilières ne prononcent en effet pas de résiliation de bail sur la base d’accusations qui ne sont pas solidement prouvées, car elles s’exposeraient alors à des conséquences relevant du droit du bail.
     

  • Vous ne parviendrez à rappeler la ou le locataire bruyant à son obligation d’égards envers autrui que de manière indirecte en vous appuyant sur le droit du bail, c’est-à-dire par le biais de mesures de la régie immobilière.!
     

  • Une autre solution consiste à utiliser les moyens de droit prévus par le droit du voisinage, qui peuvent s’appliquer directement à la ou au locataire bruyant, mais les obstacles à franchir pour faire reconnaître le caractère excessif des immissions sonores sont alors plus élevés. De plus, contrairement à la procédure de conciliation en droit du bail, la procédure relevant du droit du voisinage n’est pas gratuite.

Troubles de la tranquillité en Suisse: ce que prévoit la loi

En Suisse, il n’existe pas de loi spécifique régissant les troubles de la tranquillité. Différentes prescriptions s’appliquent néanmoins pour limiter le bruit et protéger les heures de repos (notamment dans les lois de police cantonales ou les règlements communaux).

L’art. 257f du code des obligations (CO) oblige les locataires à faire preuve d’égards mutuels, et personne ne doit nuire, par son comportement, à la tranquillité et à la qualité de vie d’autrui. L’art. 684 du code civil (CC) complète cette obligation dans le cadre du droit du voisinage, en disposant que personne ne doit causer du bruit inutile ou excessif qui dérange le voisinage (immissions excessives).

Les heures de repos précises, telles que le repos nocturne ou le repos de midi, sont généralement réglées dans des prescriptions cantonales ou communales. Enfin, les règlements de maison, qui font partie intégrante du contrat de bail, ainsi que les règlements de propriété par étage (PPE) contiennent eux aussi, dans la plupart des cas, des dispositions précises visant à limiter le bruit et à assurer ainsi une cohabitation pacifique.

Dénoncer des troubles de la tranquillité en Suisse: modèle de lettre de dénonciation de nuisances sonores

Téléchargez ici notre modèle de lettre de dénonciation de nuisances sonores intolérables à votre bailleur.

Questions et réponses

Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur les thèmes des nuisances sonores et du droit du bail.

Il n’est possible de répondre à cette question que de manière générale: les nuisances sonores sont considérées comme des troubles de la tranquillité lorsqu’elles dépassent le volume sonore local usuel et tolérable et deviennent ainsi intolérables pour autrui. Il peut donc y avoir troubles de la tranquillité lorsque des bruits forts se produisent régulièrement pendant les heures de repos ou lorsque le bruit dépasse régulièrement et nettement le volume sonore local usuel, y compris en dehors des heures de repos.

Tondre le gazon n’est généralement permis qu’en dehors des heures de repos. Il est est en outre interdit, en règle générale, de passer la tondeuse les dimanches et les jours fériés.

D'autres questions?

La JurLine est mise gratuitement à la disposition des clients de la Mobilière et de Protekta. Des juristes expérimentés vous renseignent par téléphone sur vos questions juridiques personnelles.

Nous attirons votre attention sur le fait que les contenus et les documents mis à disposition doivent être considérés comme des renseignements juridiques d’ordre général. Ils ne remplacent pas un conseil personnalisé sur un cas particulier. La Mobilière et Protekta déclinent toute responsabilité en relation avec ces contenus et documents.

 

Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez?