Guido Macconi: L’apiculteur de Vezio

Tour à tour ingénieur, professeur de mathématiques et apiculteurGuido Macconi a maintes fois changé de cap. 

Guido Macconi, apiculteur bio, en est persuadé: «Pour obtenir le meilleur des miels, nousdevons intervenir le moins possible, mais aussi souvent que nécessaire.»

Au départ de Lugano, la route serpente dans les collines boisées de l’Alto Malcantone jusqu’à Vezio (TI), où vit Guido Macconi. En été, cet apiculteur veille sur plus de trois millions d’abeilles, une population qui passe à deux millions en hiver. Il s’occupe aussi de trois ruches pour l’agence générale de la Mobilière à Lugano (voir encadré). Miels de châtaignes, de tilleul, d’acacia et de fleurs sauvages, sa production certifiée Bio Suisse avoisine les deux tonnes par an.

«Jamais je n’aurais pensé devenir apiculteur. Tout s’est enchaîné naturellement», explique Guido Macconi. Après ses études à l’EPFL, il a travaillé comme ingénieur, puis comme professeur pour personnes handicapées pendant son service civil. Ce métier lui a tellement plu qu’il a continué à l’exercer.

L’heure du choix

C’est en 2006 qu’il s’occupe d’abeilles pour la première fois, en aidant pendant une saison un ami apiculteur au Tessin, propriétaire d’une grande colonie. L’année suivante, il s’achetait vingt familles d’abeilles. Parallèlement, il enseignait les mathématiques à mi-temps dans une école secondaire près de Vezio. Petit à petit, il a eu assez d’abeilles pour exercer l’activité d’apiculteur à 50% sur l’année, avec un pic de travail en été, vacances et week-ends inclus!

Il avait trouvé son rythme de croisière lorsqu’en 2011, il devient papa d’un garçon. Une nouvelle vie commence. À l’arrivée du deuxième enfant, une fille, Guido Macconi ne pouvait plus tout gérer. Son épouse étant professeure de sport à temps partiel, il devait passer plus de temps à la maison. Professeur ou apiculteur? Son choix s’est porté sur l’apiculture. 

Tributaire des caprices de la nature

«Il m’a fallu du courage pour prendre cette décision: en tant qu’apiculteur, je n’ai pas  de revenu régulier et je suis tributaire des  caprices de la nature.» C’est en tout cas la leçon qu’il a tirée de sa troisième année comme indépendant. «L’été froid de 2014 a été un désastre pour la profession!» Mais il n’a jamais regretté sa décision. «On ne peut pas devenir riche en étant apiculteur. Mais nous allons bien. Je peux passer beaucoup de temps avec ma famille. Et lorsque les enfants seront grands, il sera toujours temps de gagner de l’argent.»